Une flamme qui parle pour un continent
Quand la flamme olympique traverse un pays hôte, elle ne se contente pas d'annoncer un compte à rebours. Elle rassemble, dans un même corridor de lumière, celles et ceux qui ont porté un sport des dojos de quartier jusqu'aux fédérations continentales, puis dans l'orbite du mouvement olympique. Sur la route des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, ce corridor a inclus Souleymane Gaye — président de la Fédration africaine de karat (UFAK) et membre du Comité exécutif de la Fédération mondiale de karaté (WKF) — sélectionné comme porteur de la flamme et ayant déjà pris sa place dans le relais de la flamme olympique.
L'annonce de la WKF pose le moment sans enjoliver: M. Gaye a participé au relais en représentant le karat et la WKF. Avec la cérémonie d'ouverture de Dakar 2026 décrite comme imminente — à quelques semaines seulement —, le choix est présenté comme la reconnaissance de sa contribution au dveloppement du sport au Snégal et à travers l'Afrique, une continuité qui mne du leadership national à la responsabilité continentale.
De la présidence nationale au leadership africain
Selon le récit de la fédération, Gaye a jou un rôle de premier plan dans la croissance du karaté d'abord comme président de la Fédration sénégalaise de karaté, puis à travers ses fonctions au Comité olympique sénégalais, et aujourd'hui la tte de la Fédération africaine de karaté. Cette trajectoire compte pour quiconque suit l'organisation du karaté loin des finales de championnats sur le tatami. Le travail fédéral se téléavise rarement. C'est le métier lent des structures, des entraîneurs, des athlètes et des commissions — le même métier qui finit par permettre à un sport de se tenir aux côtés des autres lorsque la flamme olympique traverse une capitale.
Sa participation au relais est décrite par la WKF comme un honneur pour le karaté et comme un rappel de la contribution du sport à la société, en particulier en Afrique. Le choix des mots est net: l'honneur s'attache la discipline et à la communauté qu'elle sert, et non seulement un titre individuel. Dans cet esprit, une flamme dans la main d'un dirigeant devient un geste public: le karaté africain a sa place dans la conversation multi-sports que Dakar 2026 assemble.
Des visages du karaté sur le parcours du relais
Gaye n'était pas seul sur ce segment du relais. Il a été accompagné par des reprsentants de la Fédération sénégalaise de karaté, dont les athlètes Mbacke Seck et Khady Sow. Le texte de la WKF n'embrode pas leurs palmarès; il les place simplement aux ctés de leur président fédéral, dans un moment cérémoniel qui appartient autant au karaté national qu'à la gouvernance continentale. Pour un lectorat de magazine habitu aux calendriers de kata et de kumite, ce détail suffit: la présence du sport sur le parcours de la flamme a été visible, collective et nommée.
« Un souvenir que je garderai pour toujours »
En évoquant l'expérience, Gaye a situé l'honneur hors de lui-même et au sein de l'institution:
« C'est un grand succès et un honneur, non pas pour moi mais pour le karaté et la Fédération mondiale de karat, de partager ce panel de la flamme olympique avec de très clèbres membres des disciplines sportives sénégalaises, d'anciens et actuels champions, de célèbres entraîneurs et dirigeants des principales disciplines sportives au Snégal. Cet événement a été un grand honneur pour moi et un souvenir que je garderai pour toujours.
La citation est révlatrice par son accent. Il parle de partager ce panel de la flamme olympique avec des champions, des entraîneurs et des dirigeants des principales disciplines sportives séngalaises un tableau o le karaté se tient parmi ses pairs. Le souvenir qu'il revendique est personnel; le succès qu'il nomme est institutionnel. Cet équilibre est classique dans le langage fédral, mais il arrive ici avec le cadre concret du pays hte des Jeux olympiques de la jeunesse et l'objet concret de la flamme.
Espinós: hritage, reconnaissance et Dakar
Le président de la WKF, Antonio Espinós, a flicit Gaye pour cette distinction et souligné pourquoi le relais compte pour la place publique du sport:
« Flicitations au président Souleymane Gaye pour cet honneur exceptionnel et pour avoir si bien reprsenté notre sport lors d'un évnement aussi important. Le karat laisse un héritage remarquable dans la société, et il est magnifique de voir la contribution du karaté reconnue travers des membres distingués de notre communaut tels que le président Gaye. Son travail au Snégal et à travers l'Afrique a contribué renforcer le rle de notre sport et son lien avec les communautés.
Espinós a ensuite relié l'étape personnelle aux Jeux qui approchent:
« Alors que le karat se prépare à laisser son empreinte aux Jeux olympiques de la jeunesse à Dakar, cette étape impliquant le président Gaye nous rappelle la valeur ajoute du karaté dans les événements multi-sports. Sa participation au relais de la flamme olympique est un moment de fierté pour le karat et pour la communauté du karaté au sens large. »
Ces deux paragraphes marquent la limite de ce que ce récit peut dire du programme sportif à Dakar. La formule du président — le karaté se prpare à laisser son empreinte aux Jeux olympiques de la jeunesse — figure sur la page WKF et est donc utilisable; inventer formats, quotas ou médailles ne le serait pas. Ce qui demeure solide, c'est la lecture politique et symbolique: un leadership africain reconnu sur le parcours de la flamme, et un karaté présent comme un sport dont l'héritage social et la valeur multi-sports sont affirms dans le rcit de l'hôte des JOJ.
Au-del d'une seule journée de relais
Les lecteurs de magazine qui suivent les championnats du monde, les circuits Karate One et les championnats continentaux savent distinguer une photo de podium d'une nomination structurelle. Un président de l'UFAK au Comit exécutif incarne déjà une voix continentale au sein de la gouvernance WKF. Voir la même figure sélectionnée pour le relais de la flamme olympique des Jeux olympiques de la jeunesse sur le sol africain ajoute un second registre: le langage cérémoniel du mouvement olympique rencontre le langage fdéral du développement « au Sénégal et à travers l'Afrique ».
Rien, dans le communiqué de la WKF, n'invite à confondre un relais de flamme avec un combat de kumite. Il n'y a pas de scores citer, pas de catégories de poids à numérer, pas de couleurs de karategi à départager. L'histoire est institutionnelle et olympique: sélection, participation, reconnaissance, et la fiert citée du président africain comme du président de la WKF. Dans les semaines qui précdent la cérémonie d'ouverture, c'est déj un chapitre substantiel — celui qui place le leadership du karaté africain dans l'itinéraire de la flamme et, par les mots d'Espinós, dans l'attente de ce que le karaté pourra encore apporter lorsque Dakar 2026 ouvrira ses portes.
Sources
- World Karate Federation — UFAK President Souleymane Gaye Selected as Torch Bearer for Dakar 2026 Youth Olympic Games (25 septembre 2026)
-
- Photographie à la une: wkf.net (
092326_sgaye_torch.jpeg); crédit wkf.net. Légende selon la WKF: le président de l'UFAK Souleymane Gaye à un moment du relais de la flamme.
- Photographie à la une: wkf.net (