Le 9 septembre à Alger, alors que la ville s'apprêtait à accueillir les athlètes du continent pour une semaine de championnats déjà suivie sur karate.news, l'Union des Fédérations Africaines de Karaté a consacré sa journée au travail moins visible qui rend ces compétitions possibles. L'Assemblée générale de l'UFAK a réuni les représentants des Fédérations nationales africaines sous la présidence de Souleymane Gaye, président de l'UFAK et membre du Comité exécutif de la World Karate Federation, en présence du président de la WKF, Antonio Espinós. Il ne s'agissait pas de dresser un bilan de médailles, mais d'examiner comment le karaté africain s'organise, rend compte de ses ressources et prépare les saisons à venir.
La salle était celle des institutions. Les délégués ont passé en revue les activités de l'UFAK sur le continent, reçu les comptes certifiés de 2025 et discuté du budget provisoire pour 2026. La gouvernance côtoyait les finances : des structures plus solides au sein des Fédérations nationales, une administration efficace, et une exigence partagée de transparence, de coordination et de communication comme socle de la croissance. Le développement numérique de la fédération continentale figurait parmi les priorités, rappel que le sport moderne repose autant sur les systèmes et l'information que sur les dojos.
Bechir Cherif, coordinateur régional de l'UFAK et vice-président de la WKF, a présenté un état des lieux des actions menées dans les différentes régions d'Afrique. Son exposé a souligné le rôle des programmes régionaux pour accompagner les athlètes et les Fédérations nationales, tout en renforçant la coopération d'une région à l'autre. Dans cette optique, l'Assemblée d'Alger n'était pas seulement une réunion dans une capitale : c'était le portrait d'une fédération qui veut que ses régions se parlent — et que cette parole serve ceux qui montent sur le tatami comme ceux qui les envoient.
Les grands rendez-vous ont dessiné l'horizon proche. Les Championnats UFAK 2026 à Alger et la Coupe du monde de karaté 2026 étaient à l'ordre du jour, avec la préparation du calendrier UFAK pour 2027. Établir ce calendrier n'est jamais un détail administratif : il fixe les périodes de forme des athlètes, oriente les sélections et les déplacements des Fédérations nationales, et place le karaté africain dans une année internationale déjà dense. En inscrivant 2027 à l'agenda dès septembre 2026, l'UFAK a montré que la planification continentale n'attendrait pas la fin de la saison en cours.
Les débats sur la gouvernance sont revenus à la qualité des institutions. Les participants ont insisté sur la nécessité de structures institutionnelles plus fortes et d'une administration efficace au sein des Fédérations nationales — un vocabulaire qui paraît austère jusqu'à ce que l'on se souvienne que les voies olympiques, le classement continental et la crédibilité des résultats dépendent de fédérations capables de fonctionner proprement, de communiquer clairement et de se coordonner par-delà les frontières. La transparence y a été nommée non comme un slogan, mais comme un fondement, avec la coordination et la communication, de la poursuite de la croissance du karaté africain.
Antonio Espinós, s'exprimant après la réunion, a inscrit cette solidité institutionnelle dans une perspective olympique. « Avoir une fédération continentale africaine forte est essentiel pour l'avenir du karaté, en particulier pour nos perspectives olympiques », a-t-il déclaré. « Pour y parvenir, nous avons besoin de la coopération de toutes les Fédérations nationales d'Afrique. Nous devons travailler unis vers nos objectifs communs et faire en sorte que les progrès réalisés en Afrique ces dernières années ne s'arrêtent pas là, mais continuent d'être un atout considérable pour emmener le karaté encore plus loin. Je tiens à remercier toutes les Fédérations nationales africaines pour leur contribution à l'essor du karaté sur le continent, ainsi que le président de l'UFAK, Souleymane Gaye, pour son leadership. »
La citation compte parce qu'elle place l'Afrique non à la marge du débat olympique, mais en son centre. Espinós n'a pas traité l'unité continentale comme une courtoisie ; il l'a traitée comme une condition. La coopération entre Fédérations nationales, la continuité des progrès récents et le leadership au niveau de l'UFAK apparaissent dans ses propos comme des exigences liées : sans elles, les ambitions plus larges de la discipline perdent un pilier qu'elles peinent à remplacer.
La photographie officielle qui accompagnait le compte rendu WKF de l'Assemblée montre Gaye, Espinós et Reda Benkaddour, président de la Fédération algérienne de karaté, côte à côte — rappel visuel que la réunion continentale s'est tenue sur le sol algérien, avec la Fédération nationale hôte visible aux côtés des présidents continental et mondial. D'autres images du jour montrent Espinós s'adressant à la plénière, aux côtés de Cherif, et l'Assemblée elle-même en séance. Ces clichés documentent la présence et le processus, non le drame du podium : une fédération au travail.
Pour le karaté africain, l'Assemblée d'Alger s'inscrit dans un rythme particulier. Les semaines de compétition attirent le regard ; les Assemblées générales décident si la machine derrière ces semaines est solide. Des comptes 2025 certifiés et un budget 2026 provisoire sont le langage de la responsabilité. Les bilans de programmes régionaux sont celui de la mise en œuvre. La préparation du calendrier 2027 est celui de l'anticipation. Le développement numérique est celui de la portée. Ensemble, ils dessinent une fédération continentale qui entend se juger non seulement à l'éclat de ses athlètes un septembre donné, mais à la solidité des structures qui tiendront encore lorsque les prochains calendriers seront arrêtés.
Les perspectives olympiques, telles qu'Espinós les a formulées, ne flottent pas hors de cette solidité. Une fédération continentale africaine forte, selon ses mots, est essentielle à l'avenir du karaté et à ces perspectives ; l'unité des Fédérations nationales africaines est la méthode qu'il a nommée. Ce message résonne avec une force particulière une année où l'UFAK a déjà placé un cycle majeur de championnats à Alger et regarde vers une saison de Coupe du monde et un calendrier 2027 encore en construction. L'Assemblée n'a pas inventé l'importance de l'Afrique pour le karaté mondial ; elle a exigé que cette importance soit organisée, comptabilisée et planifiée.
Ce qui reste, une fois les portes de l'Assemblée refermées, c'est le travail que ces priorités impliquent : des Fédérations nationales alignées sur la direction continentale, des régions qui transforment les bilans de programmes en soutien durable aux athlètes, et un calendrier 2027 qui donne au karaté africain une place cohérente dans l'année internationale. La présidence de Gaye, l'exposé régional de Cherif, l'appel à l'unité d'Espinós et la présence de Benkaddour comme président de la Fédération hôte forment le visage public de cette journée. Le fond est plus discret et plus long : une gouvernance qui tient, des finances certifiées et des budgets provisoires débattus, une fédération continentale qui traite le développement numérique et la force institutionnelle comme un même projet — celui des athlètes qui, un jour, monteront sur le tatami sous les couleurs africaines.
En ce sens, Alger le 9 septembre a été une charnière entre la semaine de championnats que le public a vue et les saisons qu'il n'a pas encore inscrites à son calendrier. L'UFAK a utilisé cette charnière pour fixer le cap — vers une gouvernance plus claire, vers un 2027 préparé, et vers une conversation olympique où une fédération africaine forte n'est pas un décor optionnel, mais une architecture essentielle.
Sources
- WKF — UFAK General Assembly Reviews African Karate Development Priorities (13 Sep 2026)
- Photo : wkf.net — Souleymane Gaye, Antonio Espinós, Reda Benkaddour